Cybersécurité

Qu’est-ce qu’une attaque par ransomware et comment s’en protéger ?

Par Maxime
6 minutes

Rançongiciels : comprendre la menace, reconnaître les signes et adopter les bonnes pratiques pour ne pas être piégé


Les attaques par ransomware, ou rançongiciel en français, se multiplient ces dernières années et frappent aussi bien les grandes entreprises, que les PME, les hôpitaux, administrations… et de plus en plus d’utilisateurs particuliers. Mais qu’est-ce qu’un ransomware ? Pourquoi ces attaques sont-elles en hausse ? Et surtout, comment s’en prémunir ou réagir si l’on en est victime ? Cooltech.fr vous propose un panorama complet sur ce fléau numérique.


Définition : un ransomware, c’est quoi au juste ?


Un ransomware est un logiciel malveillant (malware) qui, une fois installé sur votre ordinateur, va chiffrer ou bloquer l’accès à vos fichiers : documents, photos, emails, bases de données… Pour récupérer vos données, les attaquants exigent alors le paiement d’une rançon (très souvent en cryptomonnaie), d’où le nom « rançongiciel ».


Deux grandes formes existent :


  • Cryptoransomware : il chiffre vos fichiers ou tout le disque dur et rend vos données inexploitables sans la « clé » fournie après paiement.
  • Locker ransomware : il verrouille l’ordinateur ou le smartphone, empêchant toute utilisation jusqu’au règlement exigé.

Comment une attaque de ransomware se déroule-t-elle ?


Les cybercriminels misent souvent sur l’erreur humaine ou des failles logicielles. Voici le scénario typique d’une infection :


  • Un mail frauduleux (phishing) contenant une pièce jointe piégée ou un lien trompeur.
  • Le téléchargement d’un logiciel infecté depuis un site douteux.
  • L’exploitation d’une faille dans votre système d’exploitation ou un logiciel non mis à jour.
  • Dans certains cas, propagation automatique sur un réseau d’entreprise dès qu’une machine est infectée.

Une fois installé, le ransomware va rapidement chiffrer les fichiers visés, puis afficher un message de demande de rançon, parfois accompagné d’un compte à rebours pour accentuer la pression.


Qui sont les cibles ? Les tendances d’attaques en 2024


Si au départ, les ransomware visaient surtout les grandes entreprises pour espérer toucher des rançons élevées, la tendance s’est étendue :


  • Entreprises de toutes tailles : leur dépendance à l’informatique et la sensibilité des données en font des cibles de choix.
  • Institutions et collectivités : hôpitaux, mairies, écoles… Les attaques par ransomware touchent le secteur public, paralysant des services essentiels.
  • Particuliers : moins formés et souvent moins protégés, ils perdent parfois toutes leurs photos, documents ou souvenirs numériques.

En 2023, l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) estime que les attaques ont augmenté de 20 % par rapport à l’année précédente, avec des conséquences financières, techniques et parfois humaines dramatiques.


Quels sont les impacts d’une attaque par ransomware ?


  • Perte d’accès à vos données : photos, contrats, comptabilité…
  • Arrêt d’activité : pour une entreprise, une administration ou un indépendant, cela peut signifier la paralysie totale.
  • Préjudice financier : la rançon peut atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros, sans garantie de récupérer ses données.
  • Risques de fuite de données : les attaquants menacent parfois de publier ou vendre vos informations sensibles sur internet.
  • Atteinte à la réputation : perte de confiance des clients, partenaires, administrés.

Il est important de noter : payer la rançon ne garantit pas la récupération des fichiers et finance la cybercriminalité. Les autorités françaises et européennes le déconseillent fermement.


Comment reconnaître les signes d’une infection ?


En cyberdéfense, la rapidité de réaction compte : certains indices doivent alerter :


  • Des fichiers qui s’ouvrent avec une extension ou un nom modifié (ex : .locked, .crypt, .encrypted…)
  • L’affichage soudain d’un écran ou d’un message de demande de rançon avec instructions de paiement
  • Un ralentissement inexpliqué de l’ordinateur, ou des applications qui ne répondent plus
  • Un antivirus ou un pare-feu désactivé sans raison

Si plusieurs postes du réseau sont simultanément inaccessibles, il peut s’agir d’une attaque massive en cours.


Quelles mesures de prévention adopter contre les ransomwares ?


1. Appliquer les mises à jour système et logiciels
Les ransomwares profitent souvent de failles connues et non corrigées dans Windows, MacOS, ou des logiciels courants (navigateurs, bureautique). Activez les mises à jour automatiques dès que possible.


2. Utiliser des solutions de sécurité fiables
Installez un antivirus reconnu et maintenez-le à jour. Surveillez les tentatives de phishing grâce aux filtres anti-spam. Certains logiciels spécialisés détectent les activités suspectes de chiffrement de fichiers.


3. Former et sensibiliser
Dans les entreprises, la sensibilisation des équipes reste la barrière la plus efficace : apprendre à reconnaître un mail louche, ne pas cliquer sur les liens suspects, éviter d’ouvrir les pièces jointes inattendues.


4. Sauvegarder régulièrement ses données
Réalisez des sauvegardes automatiques et déconnectées (cloud sécurisé ou disque dur externe non branché en permanence). C’est souvent la seule façon fiable de restaurer ses fichiers après une attaque.


5. Limiter les droits d’accès et segmenter les réseaux
Attribuez les droits minimums aux utilisateurs, segmentez les serveurs et isolez les informations stratégiques du reste du réseau. 


6. Désactiver les macros et scripts inutiles
Bon nombre de ransomware sont diffusés via les macros d’Office ou des scripts téléchargés. Désactivez-les si vous ne les utilisez jamais, ou autorisez-les au cas par cas.


Check-list actions immédiates si vous êtes victime


  1. Déconnectez l’ordinateur d’Internet et des autres réseaux (Wi-Fi, Ethernet).
  2. Ne payez pas la rançon : vous n’avez aucune garantie et cela encourage les criminels.
  3. Contactez sans délai votre service informatique, la police, la gendarmerie ou la plateforme cybermalveillance.gouv.fr en France.
  4. Retirez les supports externes (disque dur, clé USB) pour éviter la propagation.
  5. Analysez la menace et identifiez le type de ransomware (nom, message affiché, fichiers impactés).
  6. Consultez les ressources spécialisées : des outils de déchiffrement existent parfois pour certains types de ransomware (No More Ransom).
  7. Réinstallez le système si nécessaire, puis restaurez les données à partir des sauvegardes saines.

Et si on ne sauvegardait jamais ? Les conséquences à long terme


Perdre toute une vie numérique (photos de famille, dossiers de travail, projets créatifs…) peut être très difficile à encaisser sur le plan personnel comme professionnel. Pour les entreprises, la perte de données essentielles (comptabilité, contrats clients, fichiers métiers…) peut signifier un arrêt de l’activité, des amendes réglementaires et une réputation durablement entachée.


Vers une évolution des menaces : le double chantage et l’extorsion 2.0


Certains groupes de cybercriminels ne se contentent plus de bloquer les fichiers. Ils copient d’abord toutes les données sensibles avant de les chiffrer puis menacent de les publier ou d’en faire commerce (« double extorsion »). Même les structures ayant des sauvegardes saines peuvent être sous pression pour voir leurs documents confidentiels divulgués sur Internet.


Par ailleurs, des variantes récemment observées attaquent des organisations tierces (clients ou sous-traitants), multiplient les campagnes de phishing ciblées (spear-phishing), ou exploitent l’IA pour personnaliser les messages trompeurs.


Les bonnes habitudes numériques : notre sélection cooltech.fr


  • Sauvegarde en 3-2-1 : 3 copies de vos données, sur 2 supports différents, dont 1 hors site
  • Authentification forte sur les accès sensibles (double facteur, mots de passe robustes et uniques)
  • Vérification des sources systématique, y compris sur les réseaux sociaux professionnels
  • Sécurité « zéro-trust » en entreprise : ne jamais faire confiance par défaut à un dispositif ou un utilisateur, même interne
  • Mises à jour et patchs dès leur disponibilité
  • Prudence sur les liens courts ou QR codes inconnus
  • Plan de crise : anticiper la chaîne de décision et les procédures à suivre en cas d’incident majeur

En synthèse : adoptez la vigilance et la résilience numérique


Le ransomware est devenu la cybermenace la plus lucrative et la plus répandue dans le monde, touchant désormais tous les secteurs et tous les profils d’utilisateurs. Sa force : l’effet de surprise, la rapidité du chiffrement et la pression psychologique exercée sur les victimes.


Pour s’en protéger, il faut cumuler sauvegardes régulières, mises à jour, vigilance humaine et outils de sécurité. L’investissement est vite rentabilisé face au coût potentiel d’une attaque. Enfin, en cas d’infection, gardez la tête froide, isolez l’appareil et privilégiez la récupération de sauvegardes fiables plutôt que le paiement de la rançon.


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