Cybersécurité

Gestion des accès : les erreurs à éviter en entreprise et à la maison

Par Maxime
6 minutes

Comprendre les enjeux de la gestion des accès numériques

À l’heure où la majorité de nos activités, qu’elles soient professionnelles ou personnelles, dépendent d’outils informatiques et de services connectés, la gestion des accès constitue un pilier fondamental de la sécurité numérique. Accorder ou limiter l’accès à un compte, un dossier, une application ou un réseau n’est pas qu’une procédure technique : c’est une question de responsabilité et de protection des données, face à la multiplication des menaces et des erreurs humaines. Qu’il s’agisse d’une grande entreprise, d’une PME, d’une association ou simplement de votre foyer, comprendre les pièges à éviter est essentiel pour assurer la tranquillité de tous.

Pourquoi la gestion des accès est-elle critique ?

Chaque accès mal contrôlé représente une porte d’entrée potentielle pour une fuite de données, une attaque, ou un incident impliquant la vie privée. Selon les enquêtes en cybersécurité, plus de 60 % des violations proviennent d’une mauvaise gestion des comptes, de mots de passe faibles ou de droits octroyés par erreur. L’objectif de toute politique efficace n’est donc pas la méfiance, mais l’anticipation : ne donner que ce qui est nécessaire à la bonne marche de chacun, ni plus, ni moins.

Erreurs courantes en entreprise et comment les corriger

1. Laisser trop de droits par défaut

Dans de nombreuses organisations, il arrive que les nouveaux salariés obtiennent d’office des accès élargis « au cas où », sans réelle justification. Ce réflexe, motivé par la peur de bloquer un collaborateur, peut rapidement transformer l’environnement numérique en un espace sans contrôle, propice aux erreurs comme aux abus.

  • Meilleure pratique : Appliquer le principe du moindre privilège : chaque utilisateur obtient uniquement les droits opérationnels indispensables à ses missions. Un audit régulier permet de réajuster ces droits à chaque changement ou départ.

2. Oublier de désactiver les accès lors des départs

L’une des failles les plus fréquentes : un employé quitte l’entreprise, mais ses comptes, accès partagés, boîtes mails ou logiciels ne sont pas fermés. On accumule ainsi des « comptes zombies », invisibles mais ouverts aux intrusions – y compris longtemps après un départ.

  • Meilleure pratique : Centraliser la gestion des identités et mettre en place une procédure de sortie systématique : chaque accès accordé doit pouvoir être révoqué en un clic dès l’annonce du départ.

3. Partager des identifiants entre plusieurs personnes

Par simplicité ou contrainte, certains services partagés (boîtes mails, applications métiers) sont accessibles via un seul identifiant, connu de plusieurs membres de l’équipe. Outre le risque que l’un d’eux communique le mot de passe sans contrôle, ce mode de fonctionnement rend impossible l’attribution des actions ou des incidents.

  • Meilleure pratique : Bannir les comptes collectifs. Optez pour l’attribution de comptes individuels et, le cas échéant, la délégation des droits (ex : alias ou délégation de boîte mail en entreprise).

4. Négliger la mise à jour des mots de passe et des accès

Malgré les campagnes de sensibilisation, utiliser le même mot de passe pendant des années (parfois inchangé après un départ) reste monnaie courante. Ce choix accroît le risque d’usurpation d’identité et multiplie les failles en cas de fuite externe de données.

  • Meilleure pratique : Imposer des changements de mot de passe réguliers (tous les 6 à 12 mois), privilégier des phrases de passe robustes, et activer la double authentification (MFA) dès que possible.

5. Omettre la traçabilité des accès

Savoir qui accède à quoi, quand et depuis où, est aussi important que limiter les accès. Beaucoup d’entreprises n’activent pas les logs d’accès ou les journaux d’activité, rendant complexe, voire impossible, le diagnostic en cas d’incident.

  • Meilleure pratique : Activer les journaux d’accès sur tous les systèmes, les sauvegarder hors site, et les analyser régulièrement (automatisation possible via des outils SIEM).

6. Négliger la gestion des accès externes et temporaires

Pour dépanner, former ou externaliser une tâche, il est courant d’ouvrir l’accès à un sous-traitant ou prestataire via une invitation ou la création d’un compte temporaire… qui restent parfois actifs longtemps après la fin de la prestation.

  • Meilleure pratique : Créer des comptes limités dans le temps, demander des rapports de suppression, et vérifier régulièrement l’état des accès externes.

Gestion des accès : ce qu’il ne faut surtout pas faire à la maison

1. Réutiliser les mêmes mots de passe partout

Utiliser, par souci de mémoire, le même mot de passe pour tous ses comptes – email, réseaux sociaux, boutiques en ligne, administration… Doublé du prénom, de la date de naissance ou du nom d’un animal familier, il multiplie le risque en cas de fuite d’un seul service. Les attaques par « credential stuffing » automatisées se nourrissent de cette « paresse numérique ».

  • Astuce : Utilisez un gestionnaire de mots de passe fiable (par exemple Bitwarden, Dashlane, 1Password) pour générer et stocker des identifiants uniques et robustes.

2. Partager ou donner accès à des appareils sans mesure

Laisser sa session ouverte sur son ordinateur, sa tablette ou son smartphone à disposition de la famille ou d’invités revient à ouvrir l’ensemble de sa vie numérique. Il suffit d’un clic pour lier des comptes, lancer des achats ou exposer des données confidentielles.

  • Astuce : Activez les sessions invitées ou créez des profils séparés pour chaque membre, même sur smartphone ou tablette. N’oubliez pas la protection par code ou biométrique.

3. Installer des applications ou extensions sans vérifier les autorisations

Accepter aveuglément toutes les autorisations demandées par des applications grand public, des jeux ou des modules de navigateur, expose à des collectes de données voire des intrusions non détectées (publicités ciblées, surveillance, prise de contrôle à distance).

  • Astuce : N’installez que les applications indispensables, maîtrisez l’accès aux données (contacts, caméras, géolocalisation…), et faites régulièrement le tri parmi vos applications et extensions.

4. Oublier de révoquer les appareils connectés

D’anciens smartphones, tablettes ou PC familiaux connectés à vos comptes Google, Apple, Netflix, Facebook… peuvent encore accéder à vos informations, mails, voire effectuer des achats à distance.

  • Astuce : Prenez le temps de vérifier les listes d’appareils actifs dans les paramètres de chacun de vos comptes, et déconnectez ceux que vous n’utilisez plus.

Checklist : une gestion des accès sécurisée en toute simplicité

  1. Dressez la liste de tous les comptes actifs (perso/pro) : identifiez ceux qui ne servent plus et supprimez-les.
  2. Mettez en place un gestionnaire de mots de passe plutôt que des fichiers ou papiers à la portée de tous.
  3. Passez en revue les autorisations des applications, appareils, partages Google Drive, Dropbox, etc.
  4. Mettez à jour et diversifiez vos mots de passe principaux (messagerie, banque, réseaux sociaux).
  5. Activez la double authentification (MFA) sur tous les services qui la proposent.
  6. Planifiez un audit de vos accès tous les 6 mois (environ 20 minutes suffisent pour une famille, 2 heures pour une PME).

Outils et méthodes pour automatiser la gestion des accès

En entreprise, des solutions de gestion d’identités (IAM : Identity and Access Management), telles que Microsoft Entra ID, Okta ou JumpCloud, permettent d’automatiser la distribution, la modification et la révocation des droits en fonction de l’évolution des équipes. Ces outils assurent également un suivi précis, facilitent les audits, et préviennent diverses erreurs humaines.

À la maison, les gestionnaires de mots de passe performants synchronisent les identifiants entre appareils, proposent de détecter automatiquement les mots de passe trop faibles ou déjà présents dans des bases de données compromises.

Erreurs typiques : études de cas récents

  • Fuite de données dans une PME : Un ancien employé dont le compte n’était pas désactivé a pu accéder à des données confidentielles via un ancien VPN actif.
  • Blocage d’un réseau familial : Un membre de la famille a accidentellement supprimé des fichiers partagés car il utilisait des droits administrateurs sur le NAS familial, faute de limitation des accès.

Conclusion : anticiper plutôt que guérir

Que ce soit au bureau ou à la maison, une gestion des accès maîtrisée repose sur la clarté des rôles de chacun, l’automatisation des tâches à risque, et un minimum de vigilance collective. Les outils existent et deviennent de plus en plus accessibles, pour les professionnels comme pour les particuliers. Prendre quelques minutes à chaque changement (embauche, départ, nouvel appareil, évolution des usages) permet d’éviter de lourdes conséquences, parfois irréversibles.

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